Forêts De Chênes-Lièges Au Portugal

Le chêne-liège est une composante centrale du patrimoine naturel portugais.
“Qui pense à ses petits enfants plante un chêne-liège.”

1. Comment le Portugal préserve-t-il ses forêts de chênes-lièges ?

Le chêne-liège est une composante centrale du patrimoine naturel portugais. C’est une source économique remarquable pour le dynamisme qu’elle génère, et un véritable atout dans le maintien de la biodiversité : d’où la nécessité de protéger cet écosystème des pratiques illégales encore courantes.

Forêt-de-chênes-Lieges

“Qui pense à ses petits enfants plante un chêne-liège.” Ce dicton populaire au Portugal en dit long sur le lien que l’espèce arboricole entretient avec son habitat de prédilection !

Comme l’arganier ou le cèdre de l’Atlas au Maroc, le chêne-liège est l’arbre forestier phare de la péninsule Ibérique, et plus particulièrement de l’Alentejo, région située au Sud du Portugal. Les montados, ainsi qu’on les appelle, occupent plus de 10% du territoire national. L’intérêt porté à cette espèce réside dans le liège qui en constitue l’écorce, et dont on fait la culture à diverses fins, comme la production de bouchons ou d’accessoires de mode comme des sacs ou des portefeuilles. Le chêne-liège est donc une ressource économique indispensable pour le pays des Œillets, qui en est le premier producteur mondial.

Outre leur fertilité économique, les suberaies (forêts de chêne-liège) participent activement au maintien de la biodiversité. Par-delà leur branchage, les chênes-lièges abritent une faune et une flore tout-à-fait exceptionnelles. Cet écosystème forestier incroyablement riche assure un équilibre exemplaire entre la protection de l’environnement et la vitalité économique. 

Mais comme toutes les autres espèces, le chêne-liège peut être sujet à des pratiques nocives qui le rendent victime de son exploitation. C’est pourquoi l’espèce peine à se régénérer.  Rapidement, le Portugal a compris la nécessité d’adopter des mesures de préservation de la ressource, afin qu’elle puisse prospérer sur le territoire national. 

un chêne liège vu du dessous

2. Une politique de maintien spécifique

L’exploitation du chêne-liège est encadrée par une politique ancienne, puisqu’on en distingue déjà les prémices au Moyen-Âge. Vite, le potentiel de l’espèce s’est révélé aux locaux. Il est apparu urgent de réguler l’activité humaine qui se développe autour des montados. Aujourd’hui, une politique limitative à l’exploitation de la ressource forestière est en vigueur : elle vise à préserver les forêts de chêne-liège de toute forme d’abus. En voici quelques exemples concrets : 

  • Seuls les spécimens âgés de plus de 25 ans peuvent légalement servir à l’exploitation. L’écorçage (ou démasclage) peut alors se faire sans prendre le risque de spolier sa capacité de renouvellement. On effectue un premier démasclage à cette date, puis on laisse généralement s’écouler neuf ans avant de réitérer la démarche, en s’appliquant toujours à ne pas toucher le tronc. On donne ainsi pleinement le temps à l’écorce de se régénérer. On répète le processus jusqu’au troisième écorçage, après quoi seulement, le liège est utilisable ! C’est donc une opération qui s’inscrit sur la durée et demande un grain de patience.
  • L’aspect général de l’arbre est un indicateur majeur : il lui faut un diamètre supérieur à 70cm, comprenant le tronc et l’écorce, ainsi qu’une hauteur de plus d’1,30m,  pour que les feux soient au vert ! Il s’agit également d’un signe de maturité. Pour l’anecdote, l’épaisseur à laquelle l’enveloppe de liège est extractible doit être au minimum celle d’une pièce d’un euro ! 
  • Il est défendu d’abattre un chêne-liège en bonne santé. Cela veut dire qu’il faut être en mesure de prouver l’infirmité des spécimens que l’on souhaite abattre. Seul l’abattage de spécimens malades ou morts est par conséquent autorisé.
  • Toutefois, il ne suffit pas de faire ce constat pour passer à l’acte ! L’abattage d’un chêne-liège nécessite l’obtention au préalable d’une permission des autorités locales, auquel cas l’on encourt les sanctions prévues par la loi de 1209

En 2007, aux suites d’une pétition conséquente qui donne lieu à l’élaboration d’un projet de texte, le Parlement portugais vote à l’unanimité la reconnaissance du chêne-liège comme “arbre national”. Ce geste politique est particulièrement symbolique, puisqu’il vient justifier l’importance de protéger les subéraies, et encourager les efforts investis dans leur conservation.

un grand chêne liège

De nombreuses amendes et peines sont prévues en cas de violation de cette régulation. Par exemple, un propriétaire qui ne la respecterait pas encourt jusqu’à 25 ans de privation de ses terres.

Pour préserver durablement l’une de ses plus précieuses ressources, le Portugal est donc engagé dans une démarche rigoureuse de protection et d’exploitation des chêne-liège. Cela se traduit notamment par des études et des recherches poussées sur les comportements des suberaies portugaises ainsi qu’une réglementation très encadrée. 

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