Le concept.

Inventée et mise en pratique par le professeur et botaniste Akira Miyawaki, cette méthode consiste à recréer un écosystème dans lequel les plantes se nourrissent et se suffisent à elles mêmes.

Elle repose sur trois fondamentaux :

  • la naturalité : les espèces plantées sont natives, c’est à dire originaires du site de plantation avant que l’homme importe des espèces exotiques
  • la biodiversité : un minimum de 30 à 50 espèces différentes sont mises en terre ensemble
  • la résilience : naturellement adaptées, les forêts ne nécessitent qu’un entretien sommaire:  au bout de trois ans, elles sont autonomes.

Cette méthode détient de nombreux avantages : des forêts 30 fois plus denses, dotées d’une biodiversité animale et végétale exceptionnelle ; un meilleur enracinement soit une meilleure résistance aux conditions météorologiques ; des forêts se développant plus rapidement, de façon indépendante, et nul besoin de produits chimiques ou fertilisants.

Le mode opératoire.

1. Le choix des espèces

Elles doivent être naturellement adaptées aux conditions climatiques et d’altitude du site de plantation. 

Ces espèces doivent aussi être capables de grandir avec et à l’ombre d’autres arbres. C’est ce que le docteur Miyawaki appelle “le potentiel naturel végétal” : la capacité des espèces à contribuer au développement de sa communauté.

Les forêts primaires sont étagées, elles occupent tout le volume depuis les racines jusqu’à la canopée. Pour cela, 3 à 5 espèces principales sont sélectionnées pour la partie haute. Pour choisir les autres variétés, les forêts existantes servent de modèle pour s’affranchir des problèmes d’incompatibilité.

2. Culture en pépinière

Pour s’assurer de la qualité et de la robustesse des arbres, leur culture doit commencer en pépinière, à partir des graines directement. Dans l’idéal les graines proviennent d’arbres anciens sélectionnés pour leur vitalité.

  1. Germination : croissance des semis jusqu’à l’apparition des premières feuilles
  2. Croissance sous ombrage : les jeunes pousses sont repiquées dans des pots puis placées dans une première zone avec 60% d’ombrage pendant un mois ou deux, puis avec un ombrage à 30% pendant un ou deux mois supplémentaires
  3. Croissance en conditions naturelles : les pots sont ensuite placés dans un forêt existante pendant une semaine à un mois. Cela leur permet de s’acclimater à leur prochaines conditions environnementales.

3. Préparation du sol

Une étude minutieuse du sol du site de plantation est indispensable pour identifier les éléments et nutriments manquant pour que sa composition soit proche de celle d’une forêt mature.

Le docteur Miyawaki recommande d’apporter massivement, et une fois pour toute, tous les intrants nécessaires (fumier, compost, broyat, paille…). A cela s’ajoute un couvert organique permettant au sol de garder son humidité, de le protéger du soleil, de l’érosion et des températures extrêmes.

La préparation de la structure du sol ainsi que la forte densité de plantation (3 arbres au m²) favorisent le développement des champignons, bactéries et microfaunes.

Les réactions complexes entre ces milliards de micro-organismes accélèrent l’évolution du sol (pédogenèse) et la croissance des racines.

Une structure de forêt pluviale, tropicale et quasi-indigène en moins de 50 ans.

La méthode Miyawaki gagne encore en intérêt lorsque les projets prennent place sur des sols dégradés. D’abord parce que la reforestation devient possible (énorme taux d’échec pour tous les projets utilisant des méthodes conventionnelles sur des sols dégradés), mais aussi parce que la méthode permet de gagner plus de 200 ans par rapport à une régénération naturelle.

En effet, sur un sol dégradé, la nature commence par créer une prairie d’annuelles, puis de vivaces pour préparer le sol à l’arrivée progressive des arbustes, puis d’arbres solitaires à croissance rapide. Plusieurs siècles seront encore nécessaires à la construction d’un sol autorisant la croissance d’arbres constituant la forêt primaire, en partant du principe que ces espèces sont encore disponibles dans la banque de graines souterraine du site.

Si la méthode est bien appliquée, une forêt multistrate est rapidement obtenue, un sol dont la composition microbienne et acarienne est proche de celui des forêts primaires existantes.

Schéma de la nouvelle théorie de succession forestière élaborée suite au projet de plantation de Bintulu, Sarawak, en Malaisie.

Théorie classique de succession forestière

Nouvelle théorie de succession forestière

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