L'Agroforesterie

L’agroforesterie regroupe toutes les pratiques agricoles visant à intégrer l’arbre dans un environnement de production, s’inspirant du modèle de la forêt.

Par LUCAS

1. Qu'est-Ce Que L' Agroforesterie ?

L’agroforesterie regroupe toutes les pratiques agricoles visant à intégrer l’arbre dans un environnement de production, s’inspirant du modèle de la forêt. C’est un système dynamique de gestion des ressources naturelles permettant de diversifier et maintenir la production en vue d’améliorer les conditions économiques, sociales et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre.

Bien que de plus en plus évoqués actuellement, les systèmes agroforestiers sont ancestraux, variés et utilisés dans le monde entier. Concernant l’Europe, certaines de ces méthodes se sont maintenues: pré-vergers, sylvopastoralisme, bocages ou encore les cultures intercalaires en vergers fruitiers, truffiers, noyeraies, vignes…

D’autres méthodes sont quant à elles à (re)construire ou à inventer, particulièrement dans la dynamique actuelle de conservation des sols. Aucun profil type d’agriculteur agroforestier n’existe.

2. Des Avantages Non Négligeables

Pour l’agriculteur se dirigeant vers ces pratiques, plusieurs avantages non négligeables en découlent: La possibilité d’améliorer ses capacités de production agricole, sortir de la précarité énergétique et diversifier sa production.

En effet, en plantant ou laissant pousser des arbres spontanément pour valoriser les ressources d’un milieu, on agit de manière favorable sur des facteurs de production prépondérant, comme l’eau, le sol, le climat ou la biodiversité. Une étude de l’INRA met en exergue ces bénéfices:

  • L’eau: Les racines des arbres filtrent l’eau dans les profondeurs du sol, et limite ainsi les pollutions des nappes.
  • Le sol: La biomasse des arbres, riche en lignine, contribue à former un humus stable et fertile.
  • Le climat: Les arbres créent un micro-climat à l’échelle de la parcelle (ombre, actions brise-vent). Ils protègent cultures et animaux des excès climatiques (chaud, froid, tempête, inondation, sécheresse…). Par ailleurs, ils stockent du carbone et réduisent ainsi les émissions de gaz à effet de serre.
  • La biodiversité: Les arbres structurent les habitats semi-naturels, abritant une faune et une flore diversifiées indispensables à l’agriculture (pollinisation par exemple).”

Un agriculteur qui plante des arbres verra aussi une diversification de ses produits et revenus avec les fruits. Les bienfaits apportés par les arbres sont perceptibles en seulement quelques années : actions anti-érosives, habitats et nourritures pour les auxiliaires de cultures, fertilités des sols et matières organiques …

L’agroforesterie a pour objectif l’augmentation de la durabilité et de la qualité des productions, des sols, de la biodiversité, des ressources naturelles, l’optimisation des espace; l’arbre prouve son utilité partout ! Il est en effet un outil de production et d’aménagement profitables à tous niveaux, pour tous les sols, et pour n’importe quels enjeux territoriaux (développement économique, réouverture de milieux abandonnés suite à une surexploitation des sols..). Enfin, il répond aux besoins de toutes les productions agricoles: maraîchages, viticulture, bois pâturés, élevage ovin, bovin, volailles etc…

Prenons l’exemple des plantations de café. Les agriculteurs se battent  contre une baisse permanente de la productivité, imputée au changement climatique et à l’appauvrissement des sols. Les producteurs n’avaient d’autres solutions que de délocaliser leur production à plus haute altitude afin de disposer des bonnes conditions de croissance, disparues aux altitudes habituelles. Il est évident que ces producteurs ne pourront pas en permanence monter l’altitude de leur production et sont face au risque d’une chute considérable de leur volume de production annuelle. De fait, l’agroforesterie est un levier efficace d’adaptation de la production permettant de fournir au producteur un écosystème riche et bénéfique à sa production.

Comme le montre les activités de l’association Ishpingo, la mise en pratique en mode “participatif” des concepts agroforestiers en climat tropical amazonien permet de créer des alternatives économiques efficaces.

3. Limiter Les Impacts Des Transmissions De Virus

Dans le contexte actuel de pandémie internationale, Serge Morand, chercheur au CNRS-Cirad l’affirme: “Les épidémies révèlent des déséquilibres que l’arbre et les paysages arborés contribuent à atténuer”. Il précise “le monde sauvage se fait envahir par l’animal domestique ou par des vecteurs qui apprécient les humains comme les moustiques, transporteurs de la dengue, de zika ou chikungunya. Les liens s’intensifient entre le monde sauvage et le monde domestique. 

D’autres chercheurs ont montré que cette destruction de l’habitat du monde sauvage augmente le risque infectieux. Ils estiment qu’environ 20% du risque de paludisme dans les lieux de forte déforestation est dû au commerce international des produits d’exportation impliqués dans la déforestation, tels que le bois, le tabac, le cacao, le café ou le coton.” En effet, ses recherches ont démontré que plus la biodiversité est forte, plus il y a de microbes circulants à “faible bruit”, autrement dit, ils se transmettent mal. Mais lorsque cette biodiversité chute, souvent à cause de la réduction des habitats sauvages, les contacts et la transmission de ces microbes est favorisée.

Emmanuel Torquebiau, chercheur en agroforesterie le confirme : Réintroduire les arbres sur les terres agricoles permet d’y réinstaller de la biodiversité, de protéger celle existante, et d’augmenter la résilience de l’agriculture face aux imprévus climatiques. 

L’agroforesterie comme panacée, certainement pas, mais comme vecteur de soulagement pour tous et notre environnement, sans aucun doute !

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